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Thème de l'année scolaire 2010-2011
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Réflexions sur le thème choisi
pour l’année scolaire 2010/11 :
„En marche, artisans de paix“

« Artisans de paix » – j’ai rencontré cette expression durant mes études, il y a maintenant une trentaine d’années. J’entendais alors pour la première fois le Sermon sur la montagne en français :
« Bienheureux les artisans de paix » (Mt 5,9). « Selig, die Frieden stiften » peut on lire dans la traduction allemande. « Artisans de paix » me plaisait incomparablement plus.

L’« artisan », en Allemand « Hand-werker », est celui qui produit une œuvre de ses mains ou qui répare ce qui ne fonctionne plus. Un artisan, ce peut être un menuisier, un plombier, un couvreur ou aussi, de nos jours, un mécanicien au-tomobile. Dans le mot français « artisan » se cache le mot latin « ars », qui si-gnifie à la fois art, science et habileté. De vastes capacités sont donc attribuées à l’« artisan » et, traditionnellement, le maître et ses compagnons travaillaient dans un atelier, c’est-à-dire non seulement un local de travail, mais bien plus encore un lieu de vie communautaire. Un atelier dans lequel des artisans chercheraient à « produire » la paix, quelle idée passionnante !

« Artisans de paix » : « paix », « Friede », « Shalom » est un concept central de la Bible ; il y apparaît plus de 250 fois. Il se combine de préférence avec le mot « justice » comme dans le Psaume 85, qui parle du salut de l’Homme : « Justice et paix s'embrassent » (Ps 85,11).
Cependant, les théologiens, philosophes et politiciens de tous les temps n’ont cessé de se quereller quant à savoir ce qu’est la « paix », comment on peut l’atteindre, si elle est vraiment réalisable, et si oui avec quels moyens.

« La paix » – un mot tellement galvaudé et bafoué à travers l’Histoire par ces esprits totalitaires qui ont cherché à établir « la paix » à leur manière, en rédui-sant au silence leurs prédécesseurs et leurs opposants.
« La paix » – un mot devenu presqu’ennuyeux. « Friede, Freude, Eierkuchen », comme on dit en Allemagne. En 1982, la chanteuse Nicole remportait le Grand Prix de l’Eurovision avec le titre « La paix sur terre »…

Depuis plus de 60 ans, nous vivons dans la paix en Europe de l’Ouest ; la plupart des professeurs et des élèves de notre école ne connaissent la guerre que par ouï-dire. Et pourtant, plus de 230 conflits armés et guerres ont eu lieu depuis 1945 ; des élèves de notre communauté scolaire ont dû fuir leur pays, entre autres à cause de la guerre de Bosnie-Herzégovine (1992-1995). Aujourd’hui encore, alors que j’écris ces lignes, des gens subissent de semblables situations de crise en 35 endroits du globe. Pensons seulement à l’Afghanistan, au Soudan, à Israël et à la Palestine…

Si nous vivons dans un pays en paix – nous ne devrions d’ailleurs jamais conce-voir la paix comme acquise, mais comme sans cesse à renouveler –, nous con-naissons tous néanmoins de multiples situations de non-paix et de violence.
Je pense à la menace qui pèse sur la paix sociale dans notre société lorsque certains ne trouvent plus aucune place où vivre alors que d’autres en ont plus que nécessaire.
Je pense aussi à la discorde croissante dans les familles. L’augmentation pro-gressive du nombre de divorces et de cas de violence domestique est assez claire. En 2009, la police grand-ducale a dû intervenir 572 fois pour cause de violence domestique et la tendance serait à la hausse, à en croire l’article du LW paru le 7 septembre 2010.
Malheureusement, une certaine propension à la violence se fait de plus en plus sentir, et ce aussi chez les jeunes qui, se livrant par exemple à un véritable « mobbing par SMS », refusent de « laisser l’autre en paix » et de le respecter.
Enfin, tant de personnes vivent pour différentes raisons dans un état de « non-paix » intérieure, d’insatisfaction, de blessure – avec eux-mêmes et les autres – et aspirent à une réconciliation.

Il y a manifestement encore beaucoup de travail pour les « artisans de paix ». « En marche, artisans de paix ». Voici comment je comprends ce thème : Il est plus que temps, mettez-vous en route ! Avec votre tête, votre cœur et vos mains, vos connaissances, votre créativité et votre énergie. Travaillez ici et maintenant à l’avènement d’un monde plus paisible dans lequel le « Shalom », une vie pleine et réussie, soit accessible à tous. « Évite le mal, fais ce qui est bien, poursuis la paix, recherche-la » (Ps 34,15). Ce conseil, c’est le psalmiste qui nous le donne, sachant combien la paix est fugace et combien elle exige de notre part un engagement total.

Nous avons déjà choisi depuis longtemps d’emprunter un chemin de paix dans notre communauté scolaire, c’est pourquoi nous nous soucions tant de dévelop-per une intelligence relationnelle et des compétences sociales. La « semaine du respect », organisée du 1er au 6 mai 2011, a pour but de mettre ces efforts en exergue et de les approfondir. La paix doit être apprise et exercée ; notre école se doit de devenir toujours davantage un atelier dans lequel nous apprenons ensemble à poser des gestes de paix.

« Seigneur, faites de moi un instrument de votre paix.
Là où il y a de la haine, que je mette l’amour.
Là où il y a l’offense, que je mette le pardon.
Là où il y a la discorde, que je mette l’union. »
(Saint François d’Assise)

En tant que chrétiens, nous pouvons espérer avoir un don pour la paix ; et nous savons également que ce don de vivre en paix et d’apporter la paix nous est toujours déjà offert.
À côté de nombreux autres dons, nous voulons aussi exercer et développer ce « don de la paix » dans notre école, afin de prendre toujours plus conscience de notre rôle d’artisans de paix dans un monde de moins en moins paisible.

« En marche, artisans de paix »

Pour l’Aumônerie,
Christina Fabian-Heidrich

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